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entre Terre, Mer et Brière

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Chronologie

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Période gallo-romaine : peu de renseignements subsistent sur cette période. Les seuls témoignages nous viennent du XIXème siècle. Des historiens rapportent la découverte de fours remplis de tuiles à rebord (tegulae) retrouvés à proximité d’une ancienne voie romaine. Le terrain sur lequel ces fours ont été découverts étant lui-même le lieu habituel d’extraction de terre des potiers d’Herbignac.

Moyen-Age : peu de renseignements subsistent sur cette période. Il semblerait cependant, au vu de la base de certains fours, que l’activité existait toujours.

Période Moderne : la vie des potiers d’Herbignac commence à être mieux cernée grâce à divers documents, tels les inventaires après décès expliquant la configuration des ateliers installés au sein même de la chaumière d’habitation. Au XVIIIème siècle, un conflit oppose les potiers au seigneur de Trévelec qui possède les terres où les potiers font de l’extraction. Les actes du procès donnent une liste précise des potiers en activité, ainsi que leur lieu d’habitation. Leur production est presque exclusivement utilitaire.

Période contemporaine : les témoignages se font plus nombreux avec, entre autres, les récits de voyage des ethnologues envoyés par le Musée des Arts et Traditions Populaires. L’un d’eux, René-Yves Creston tentera même d’orienter les potiers vers une poterie plus décorative. Hyppolite Hervoche, dit "Polyte à Yaumi" présentera une de ses oeuvres à l’Exposition Universelle de 1937.

1945 : mort de Joseph Dalino : avec lui, s’éteint l’activité potière traditionnelle à Herbignac .
Environ 25 ans après, dans les années 1970, André Leméter s’installe à Landieul, où pendant une dizaine d’années il renouera avec la tradition, même si les techniques de travail et les productions ne ressemblent guère à celles du début du XXe siècle.

1998 : Deux ateliers "Dalev" et "Gaïa" s’installent sur la commune : l’un près du site du château de Ranrouët, l’autre à Landieul.
A la Maison du Tourisme et du Patrimoine, l’exposition "Herbignac, Terre à Pots" retrace en 13 tableaux la vie des anciens potiers.
L’Association "Art-Terre" initie petits et grands à la poterie et au modelage.

1999 : un marché de potiers voit le jour lors du week-end de l’Ascension : 8000 personnes au moins découvrent les productions d’une quarantaine de potiers venus de toutes les régions de France.

Depuis, le marché des potiers est devenu une tradition, et chaque week-end de l’ascension, plus de 10 000 visisteurs se pressent pour admirer (et acheter) les oeuvres d’exposants venus de toute la France, mais aussi de l’étranger.

Chaque année, un thème différent est retenu... et des concours par catégorie sont organisés.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la fiche Marché des Potiers


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Extraction

Extraction



Situé entre deux formations granitiques, au nord le sillon de Bretagne et au sud le plateau granitique guérandais, Herbignac a un accès facile à l’argile. Entre ces zones granitiques, une zone de micaschistes altérée offre une argile abondante. La particularité de celle-ci est sa forte teneur en micas qui donne aux poteries d’Herbignac quelques reflets "pailletés".

La petite histoire de l’extraction
Les potiers d’Herbignac ont longtemps bénéficié d’un droit d’usage auprès d’un seigneur foncier, le seigneur de Trévelec. Un aveu de 1610 nous apprend qu’un droit annuel d’extraction était versé au dit seigneur. Les potiers devaient également respecter selon cet accord des modèles de pots aux contenances prédéfinies, et surtout, un cérémonial. Le 11 juin, jour de la St Barnabé, les potiers allaient chercher en procession le seigneur de Trévelec, lui offraient la messe et un repas. Les potiers ne respectant pas ces engagements se voyaient infliger une amende. En 1754, les potiers ont été assignés en justice pour ne pas avoir respecter cet accord. Plusieurs d’entre eux ne se sont pas présentés à la procession… La justice va donner raison aux potiers, qui vont pouvoir continuer leur extraction de terre sans toutefois avoir à respecter les contraintes imposées par le seigneur de Trévelec.

L’extraction de la terre
Au cours du XIXème siècle et durant le XXème siècle, les zones d’extraction de terre vont s’étendre. Toutefois, c’est dans une zone dénommée la "lande des trous à pots" que va se concentrer cette activité. Lors de l’extraction, les potiers creusaient des trous allant jusqu’à trois mètres de profondeur. Deux qualités de terre étaient alors dégagées : une "terre courte" et une "terre longue" selon les qualificatifs des potiers. Les deux terres étaient différenciées par la couleur et par une qualité de grain plus ou moins fin. Les deux seront employées en mélange selon les besoins de production.
Aujourd’hui, il ne reste quasiment plus de traces de cette activité d’extraction : avec le remembrement les parcelles ont été modifiées et le terrain nivelé.

La préparation de la terre
La terre est ramenée à proximité des ateliers où dans un premier temps elle est exposée en extérieur. Après cette période de " pourrissement " de la terre (en vue d’améliorer ces qualités plastiques), la terre est rentrée dans les ateliers. Sèche, elle est émiettée afin de retirer les impuretés puis tamisée. Elle va être ensuite humidifiée puis travaillée, "boulangée", pour pouvoir se prêter au tournage.


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Village de potiers et ateliers

Village de potiers et ateliers



Aujourd’hui, le dernier village où subsistent des traces de l’activité de poterie est le village de Landieul. On retrouve d’ailleurs l’appellation "poterie de Landieul" pour désigner la production des potiers d’Herbignac. Ce village n’est cependant resté dans les mémoires comme village de potiers que parce qu’il s’agit du dernier village où des potiers ont exercé.

Landieul n’est pourtant synonyme de poterie d’Herbignac qu’en liaison avec d’autres noms de villages tels Hosca, l’Auvergnac, Kerbilet…La liste serait longue à citer puisque fin XVIIIème siècle, on dénombre près d’une trentaine de villages où des potiers sont en exercice. Il est à noter un élément essentiel : avant d’être potiers, ces hommes sont des paysans. L’activité de poterie est pour eux une activité complémentaire, un revenu de complément. Ceci explique sans doute l’éparpillement des potiers dans de nombreux villages. En revanche, tous ces villages sont groupés sur le sud de la commune, à proximité des lieux d’extraction de la terre.

C’est une petite centaine de potiers qui est alors en activité dans ces villages. Ce nombre va peu à peu se restreindre, et de fait, le nombre de village où des potiers exercent va diminuer. C’est ainsi que Landieul va devenir le principal village de potiers au XXème siècle.
Les traces laissées par cette activité sont discrètes. Les ateliers de potiers étaient le plus souvent installés dans les habitations et n’ont pas laissé de traces si ce n’est écrites dans certains inventaires après décès où sont mentionnées des roues de potiers. Ainsi l’atelier se résumait le plus souvent à un coin de la chaumière. La roue, les tas de terre, le pastellier (souche de bois servant à travailler la terre avant tournage), les planches pour faire sécher les pots, sont les mobiliers de ces ateliers. Ils ont disparu suite aux arrêts d’activité.

Les fours des potiers ont laissés quelques indices supplémentaires. A Landieul, les vestiges de deux fours subsistent. Dans les autres villages, on ne les retrouve que sur le cadastre napoléonien de 1825. Après l’arrêt de production, ils ont été peu à peu détruits.


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La technologie des potiers d’Herbignac

La technologie des potiers d’Herbignac



Le tour
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Le tour utilisé par les potiers d’Herbignac est un tour en bois ressemblant à une roue de charrette montée sur un axe. Il est d’ailleurs appelé "roue" par les potiers. Il s’agit d’un tour à bâton. Pour le faire tourner, le potier n’utilise pas le pied mais un bâton qu’il engage dans une des encoches entaillées sur les bras de la roue et il fait tourner cette roue à l’aide du bâton. Selon la taille de l’objet, le potier est obligé de relancer plusieurs fois son tour.

 

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Le tour à bâton n’est pas une spécificité des potiers d’Herbignac. Ce type de tour à été utilisé dans de nombreux centres potiers. On peut citer pour les plus proches d’Herbignac, St Jean la Poterie ou Le Fuilet. En bois ou métal, ce tour fonctionne toujours sur le même principe : il est activé à l’aide d’un bâton que le potier repose ensuite afin de pouvoir travailler.

 

Les fours

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Peu de fours de potiers sont encore visibles sur la commune. Si fin XVIIIème-début XIXème siècle, on dénombre une cinquantaine de fours répartis entre les différents villages où exercent des potiers, ce nombre va se réduire au fur et à mesure de l’abandon de l’activité. Il reste aujourd’hui à Landieul deux vestiges de fours, dits fours Dalino et four Hervoche, noms des potiers les ayant utilisés jusqu’en 1945 et un four à La Croix de Landieul, dit four Lallemand.
Ces fours ressemblent à des grosses colonnes ouvertes. Il s’agit de " fours à tirage vertical ". Adossé à un monticule de terre et de tessons de pots (la tessonière), le four possède une ouverture basse, rectangulaire qui permet d’alimenter la chambre de chauffe, et une ouverture haute (le four n’ayant pas de voûte), qui permet l’accès à la chambre de cuisson pour y déposer les pots. Pour la cuisson, le potier, une fois son four plein, obturait son four à l’aide de tessons et de mottes de terre. La montée en température se faisait progressivement, le four étant chauffé à l’aide de bourrée de "lande" (genêts, ajoncs…). Une fois atteinte la température maximale, celle-ci était maintenue pendant 1 à 2 heures, puis le potier faisait redescendre la température de son four de façon progressive.
Les cuissons étaient relativement rapides, le potier enfournant et cuisant en une journée. Surtout elles ne pouvaient se faire à haute température. La température maximale atteinte dans ces fours étant de l’ordre de 800°C. Il en résulte une terre cuite poreuse nécessitant parfois un vernissage afin d’étanchéifier les pots. Ce vernissage était quant à lui réalisé à l’aide de plomb réduit en poudre . Appliqué sur un pot (déjà cuit une première fois) en un mélange plomb, eau et bouse de vache, le plomb permettait d’abaisser le point de fusion du feldspath contenu naturellement dans la terre et on obtenait alors un vernis en surface (une fine couche de verre).Malgré les interdictions faites pour ce type de vernissage, les potiers ont continué à l’utiliser : il s’agissait là du moyen le moins onéreux pour eux pour vernir leurs pots. Il ne faut pas oublier que la poterie constituait un revenu d’appoint et que les potiers étaient une population pauvre.


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Les fours Dalino et Hervoche à Landieul. Derniers à avoir servis mais abandonnés aujourd’hui depuis environ 50 ans, ces fours se sont dégradés . Ils sont aujourd’hui l’objet d’une étude afin de trouver une solution permettant de les protéger des intempéries sans toutefois gêner leur "lecture". La réflexion porte sur le type de protection, ce type de four n’ayant jamais reçu de couverture (contrairement à d’autres types de fours à pots dans d’autres régions). L’adjonction d’une toiture pour les protéger est envisagée mais elle devra préserver la spécificité de ces fours. Dans l’attente de cette protection, le premier travail entrepris en novembre 2000 est la reprise des maçonneries.


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La production

La production




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La production des potiers d’Herbignac est essentiellement une production d’objets domestiques. Ce sont tous les aspects de la vie quotidienne qui sont représentés. On retrouve en premier lieu tous les besoins de la cuisine et de la conservation des aliments. Ce sont ainsi les charniers pour conserver la viande dans le sel, les casses à pâté pour la cuisson des rôtis ou des fars, les écuelles pour les repas quotidiens. Vient ensuite le souvenir d’un temps où l’eau provenait du puits : les buros ou les bues sont les cruches qui servaient à aller chercher l’eau pour les besoins de la journée.

Les potiers étaient également des paysans. Leur production le rappelle aussi. Les objets destinés à la vie agricole sont présents dans celle-ci et on sent bien l’adaptation aux besoins d’une clientèle proche. Ainsi, les chaudières, crémières et autres pots à crème sont là pour assurer les transformations du lait.

D’autres domaines apparaissent également : le repassage du linge de maison mais aussi les jouets des enfants.

A travers les objets fabriqués par les potiers d’Herbignac, c’est toute une partie des habitudes de la vie quotidienne qui réapparait. Objets fabriqués jusqu’en 1945 (mort du dernier potier traditionnel), ils traduisent à leur façon le mode de vie en presqu’île guérandaise.


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